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Recruter et animer une équipe de téléacteurs
Recruter et animer une équipe de téléacteurs

Chapitre 5 : Recruter et animer une équipe de téléacteurs

5.2. Améliorer les conditions de travail et organiser l’activité
Le temps de travail des téléacteurs
Bien que l’activité en CRC tende à un service continu 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, les CRC doivent respecter la réglementation sur le temps de travail des salariés.
I/Le temps de travail : réglementation
1. La durée du travail et les heures supplémentaires
Les CRC doivent respecter la durée légale du travail de 35 heures par semaine (10 heures par jour maximum). Les heures travaillées au-delà de 35 heures sont des heures supplémentaires. Les salariés qui travaillent plus de 35 heures par semaine ont droit à une majoration de salaire ou à un repos compensateur (RTT). Le taux de majoration, ne peut être inférieur à 10 % du taux horaire de rémunération. Si aucun accord collectif n’a été conclu, la règle du Code du travail s’applique de la façon suivante : 25 % pour les huit premières heures supplémentaires (soit de la 36e à la 43e heure) et 50 % pour les suivantes (à partir de la 44e heure).Le nombre d’heures supplémentaires effectuées dans l’année ne peut pas dépasser un certain plafond, fixé par accord collectif ou, à défaut, fixé par la loi à 220 heures par an et par salarié. Si l’employeur oublie de payer les heures supplémentaires, le salarié est en droit de réclamer le paiement.
2. Le travail de nuit
Certains CRC, afin d’assurer un service client en continu, font travailler les téléacteurs de nuit ou le dimanche. Le travail de nuit (travail de nuit = période de 8 heures travaillée comprenant l’intervalle entre minuit et 5 heures du matin) ne peut pas dépasser 8 heures consécutives par jour et donne droit à une compensation salariale dont le montant est fixé par un accord collectif et/ou à un repos compensateur. Le travail de nuit doit toutefois rester exceptionnel et entre dans la liste des dix risques professionnels du compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P). En effet, depuis le 1er janvier 2015, quand un salarié est exposé à des facteurs de pénibilité importants, l’employeur doit établir une déclaration et mettre en place un compte personnel de prévention de la pénibilité (CPPP ou C3P). Ce compte permet au salarié de cumuler sur son compte des points (1 point par trimestre d’exposition) de façon à pouvoir bénéficier d’un départ anticipé à la retraite ou d’une formation.
II/ Les jours de repos et les congés
Les salariés ne peuvent pas travailler plus de 6 jours consécutifs par semaine et ont droit à un repos quotidien de 11 heures consécutives et à une journée de repos par semaine, en principe le dimanche. Le CRC peut obtenir une dérogation au repos dominical et faire travailler certains salariés le dimanche (les salariés se relaient) de manière permanente ou temporaire, sous condition d’avoir obtenu une autorisation administrative. Le travail exécuté le dimanche ou un jour férié donne lieu à une compensation.
Les salariés à temps plein dans un CRC ont droit à des congés payés de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit pour une année complète de travail à 30 jours ouvrables (5 semaines).
III/ Les pauses
Les salariés des centres de relation client bénéficient d’une pause de 10 minutes toutes les 2 heures ou de 15 minutes toutes les 3 heures (soit 30 minutes après 6 heures de travail). Les accords collectifs prévoient que ces pauses sont rémunérées.
IV/ L'aménagement du temps de travail pour limiter les risques
Le travail en CRC est constamment en flux tendu, accentuée par la distribution automatique des appels et la nécessité d’effectuer plusieurs tâches en même temps (téléphone, saisie informatique, consultation de données…). Pour diminuer les risques de troubles psychosociaux (stress, anxiété…), les troubles musculo-squelettiques (douleurs musculaires, problèmes de dos…) et les pathologies sensorielles (pathologies oculaires, auditives ou de la voix), il est nécessaire de prévoir des aménagements, comme par exemple des pauses régulières (pause préconisée de 5 mn / heure) ou l’alternance des tâches de nature différente.

5.2. Améliorer les conditions de travail et organiser l’activité
Les conditions de travail des téléacteurs
Les observations cliniques réalisées par les médecins du travail révèlent que les salariés des centres de relation client souffrent d’affections dues aux gestes répétitifs, au stress, à la fatigue, aux postures de travail. Il est donc nécessaire d’organiser le travail de manière à limiter ce nombre d’affections.
I/ L'aménagement du lieu de travail
L’activité des téléopérateurs s’exerce souvent dans un espace de travail collectif (open space). Or, les niveaux sonores sont jugés trop élevés dans un quart des centres (bruit ambiant, conversations des autres collègues, bruit des ordinateurs, conversations téléphoniques).
Pour limiter le niveau sonore, les postes de travail peuvent être séparés par des cloisons acoustiques. Il est également souhaitable de privilégier, dans la mesure du possible, la mise en place de plusieurs îlots isolés, avec un espacement suffisant entre les différents postes de travail.
Les
II/ L'ergonomie des équipements
La position statique assise prolongée, au téléphone et sur ordinateur, peut également entraîner des pathologies (troubles musculo-squelettiques, problèmes de dos…). Les moyens de prévention mis en place par le management peuvent concerner l’ergonomie des sièges réglables, du clavier, du poste de travail, mais aussi de l’écran (écran orientable en hauteur et latéralement, lumière antireflet…) et des logiciels (taille de police, choix des couleurs).
Les
III/ L’écoute et l’enregistrement des appels sur le lieu de travail
Les dispositifs d’écoute et d’enregistrement des conversations téléphoniques sur le lieu de travail peuvent être installés à partir des logiciels de phoning de façon à ce que le manager puisse suivre et conseiller les membres de son équipe.
Les documents d’analyse et les informations collectées doivent l’être dans un contexte bien précis (identification du salarié et de l’évaluateur, évaluation professionnelle de l’employé).
La mise en place de ces enregistrements doit respecter certaines règles :

IV/Le niveau de satisfaction des salariés
Le niveau de satisfaction et de bien-être des salariés a un impact déterminant sur la qualité de service et sur les performances de l’équipe. On peut le déterminer par des enquêtes de satisfaction garantissant l’anonymat. Les résultats de ces enquêtes doivent être confrontés à des indicateurs comme le taux d’absentéisme ou de turn-over ou encore le taux d’arrêt maladie, qui reflètent aussi la satisfaction et la santé des téléacteurs. Des taux élevés d’absentéisme ou de turn-over sont des signes de démotivation des salariés.

5.2. Améliorer les conditions de travail et organiser l’activité
Organiser et suivre l’activité des téléacteurs
Fiche 5. Organiser et suivre l'activité des téléacteurs
L’organisation du travail la plus fréquente au sein d’un centre de relation client est une répartition en équipes de 8 à 15 salariés, dirigées par un manager. Prévoir le nombre de téléacteurs pour chaque campagne et organiser le travail de l’équipe est une des principales missions du manager.
I/Les indicateurs de charge et de suivi de l’activité
Pour organiser l’activité de l’équipe, le manager doit analyser divers indicateurs :


II/Le paramétrage du logiciel de phoning
Le logiciel de phoning donne une vision globale des indicateurs et permet d’avoir une vision d’ensemble de l’activité d’une équipe de téléacteurs ou du centre de relation client sur une période donnée. Il facilite aussi le suivi de l’activité d’un téléacteur en temps réel (temps de post-traitement des appels, temps de pause, temps de communication moyen…).
Le bon paramétrage du logiciel de phoning par le manager est essentiel pour :
– gagner en efficacité ;
EXEMPLE : Distribution des appels limitant le temps d’attente, visualisation du nombre d’appels en attente dans chaque file d’attente.
– ajuster la charge de travail et la taille de l’équipe ;
EXEMPLE : Mesure de l’occupation des agents dans les groupes de travail…
– repérer les téléacteurs en difficulté.

5.3. Motiver et animer l'équipe
Fiche 6. La motivation et l’animation des téléopérateurs
I/ Proposer une rémunération motivante
La rémunération des téléacteurs est basée sur un salaire fixe et une partie variable calculée sur ses résultats. Pour motiver son équipe, le manager peut prévoir des primes et des bonus en cas d’atteinte des objectifs fixés (nombre de rendez-vous, volume des ventes…). Les primes et bonus se basent généralement sur la performance individuelle mais sont parfois calculés collectivement. D’autres moyens peuvent aussi être des motivations financières :

II/ Fixer des objectifs adaptés
Pour comprendre et mener à bien son travail, le téléacteur doit connaître les objectifs à atteindre, qui doivent être :

Il est indispensable de veiller à fixer à la fois des indicateurs quantitatifs (nombre d’appels, taux de décroché…) et des indicateurs qualitatifs (qualité de l’échange…).
Ces objectifs peuvent être définis lors de l’entretien individuel annuel.
III/ Animer et piloter l'équipe
Le manager doit organiser des réunions avec les membres de l’équipe afin de les motiver, faire des points réguliers sur leur travail, et favoriser l’échange et l’écoute.


